Ces hommes, il faut toujours leur tirer les vers du nez et on ne sait jamais à quoi ils pensent vraiment.” En dehors du sexe, évidemment !
Ce reproche est confirmé par nos observations : plus le temps passe, moins l’homme a tendance à se montrer communicatif dans l’intimité du couple. La phase de conquête étant révolue, l’être masculin étant parvenue à ses fins en se dotant d’une épouse ou d’une concubine, il agit comme si elle lui était éternellement acquise, comme si tout avait été dit, que tout était désormais su de l’autre et que la nécessité de partager ses pensées, ses sentiments n’avait franchement plus d’intérêt. Lorsqu’il est rappelé à l’ordre par sa partenaire, il répond qu’il ne veut pas la déranger, ou encore ne veut pas l’inquiéter avec ses préoccupations ou encore qu’il ne pense à rien de spécial qu’il se sent bien comme cela et que tout va bien dans le meilleur monde, car une fois de plus, il part du principe que l’étape de séduction ayant déjà franchie et parfaitement achevée, le reste c’est du traintrain quotidien. En effet, l’homme s’enferme dés lors dans la monotonie, une monotonie qu’il a lui-même engendré dans la relation.
Cette observation n’aurait pas lieu d’être, si la femme ne sollicitait pas un besoin constant de communication. Communication dont l’étymologie renvoie à une mise en commun. Bien plus, son besoin de valorisation, de reconnaissance, de se sentir aimée, de soutien, transite par une verbalisation clairement exprimée. Au-delà du besoin, triomphe le principe de plaisir. Le plaisir de mettre en commun (d’où communication,) consiste à partager, en l’occurrence ses émotions ainsi que celles de son partenaire, ses sentiments ainsi que ceux de son partenaire, ses points de vue ainsi que ceux de son partenaire…
Pour l’être masculin, communiquer n’est pas régit par ce principe de plaisir dans la relation avec sa partenaire. Pour lui, cela se borne à une utilité de l’échange. Alors que la femme, outre le principe de plaisir, il existe également ce besoin de sécurité qui se traduit par celui d’être compris.
En d’autres termes, pour la femme, communiquer, s’articule autour de la notion de partage, d’intimité et de plaisir. Il est donc question d’émotions. Pour l’homme en revanche, la configuration de l’échange intègre des échanges brefs, pratiques, utiles, et amusants parfois.
En général les hommes mettent l’accent sur l’action, la réussite professionnelle (et ses retombées sur le confort matériel du couple), l’indépendance et la paix émotive du foyer. Les femmes mettent l’accent sur la relation, le romantisme l’interdépendance et l’expression verbale des émotions à l’intérieur du couple et du foyer. Vous l’aurez constaté, ils sont tous deux aux antipodes l’un de l’autre, ou l’une de l’autre.
Comparée à l’homme, la femme est experte en communication verbale et plus précisément dans l’expression des émotions.
Ce besoin de communication verbale et émotive est légitime et salubre pour la femme, pas nécessairement pour l’homme qui le plus fréquemment, manifeste de la pudeur émotive. Il est toutefois possible pour la femme d’utiliser des stratégies qui lui permettront de mieux satisfaire son besoin : poser des questions précises, respecter les moments de silence de son conjoint, accepter sa difficulté à parler d’émotions, cesser de l’interrompre, ne pas parler à sa place, pratiquer l’écoute active, attirer son attention en le touchant, faire appel à ses compétences et, surtout, prendre la responsabilité de son besoin de communication et de ses émotions.
Quant à l’homme, qui souhaite aspirer au bonheur par la voie du couple, il ne peut qu’aspirer à se mettre en mode écoute de sa partenaire et l’ aider à satisfaire son besoin de communication, plutôt que d’adopter un mode défensif et lui tenter de lui fournir des trucs pour faire disparaître ses émotions.
Si l’homme avait réellement conscience de la valeur érotique de l’écoute, il est bien probable qu’il se porterait plus souvent volontaire pour acquiescer aux demandes d’écoute de sa partenaire. Chérie, je suis tout ouï !!

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