Lao Tzu, un sage chinois dont la tradition a fait de lui  un contemporain de Confucius vu  a postĂ©riori comme l’ancĂŞtre du taoĂŻsme, considĂ©rait que l’une des difficultĂ©s majeures de l’homme dans ce monde[1], est son sentiment d’impuissance.  Qu’est-ce que le sentiment d’impuissance ?
L’impuissance est un Ă©tat. Un Ă©tat, c’est la manière dont on se sent, en l’occurrence, l’impuissance, c’est se sentir dans l’incapacitĂ© d’accomplir des actes ou encore d’atteindre un objectif. Cela traduit une inefficacitĂ©, peut ĂŞtre par manque de volontĂ©, peut ĂŞtre par pessimisme.
Cet Ă©tat des choses, est un peu Ă l’image d’une alarme qui s’enclenche, Ă l’intĂ©rieur de nous mĂŞme pour nous signifier la prĂ©sence d’obstacles entravant l’accès Ă notre. Nous souhaitons l’influencer, ĂŞtre capable de nous dĂ©fendre… mais notre incapacitĂ© ou ce que je crois ĂŞtre notre incapacitĂ© nous empĂŞche d’y parvenir.
Le sentiment d’impuissance recouvre diffĂ©rentes rĂ©alitĂ©s vĂ©cues. Ce vĂ©cu doit ĂŞtre scrutĂ© afin
d’identifier ce qu’il cache. Exemple, l’impuissance sexuelle, dans certains cas, est une rĂ©action Ă©motionnelle dĂ©guisĂ©e. On pourrait dire qu’on choisit alors l’impuissance Ă l’expression directe de ce que l’on vit avec son partenaire. Ce peut ĂŞtre Ă©galement notre sentiment impuissance face Ă la constatation d’une dĂ©cision prise Ă notre insu…
Le sentiment d’impuissance nous invite Ă Ă©tablir un Ă©tat des lieux ou encore un bilan des forces dont nous sommes en possession, et de celles qui nous font dĂ©fauts. Cette dĂ©cantation nĂ©cessaire  pour comprendre est en mĂŞme temps indispensable pour nous dĂ©livrer de l’état d’inertie dans  laquelle l’impuissance nous plonge. Ceci configure l’étape d’une prise de conscience intĂ©rieure, qui nous restitue un contrĂ´le sur nos vies, lequel nous avait Ă©chappĂ©.
C’est au prix et à la lueur de cette décantation, que nous nous rendons ou rebâtissons notre capacité à accéder à nos désirs ou à nos objectifs. Bien plus encore, nous renouons avec notre confiance en nous même, c’est à dire ce sentiment qui nous procure la croyance selon laquelle, nous en sommes en mesure de parvenir à nos fins, à définir les moyens qui nous sont nécessaires pour œuvrer, et enfin, nous percevons que nous sommes à même de définir les axes de notre de vie.
Les choses deviennent alors porteuses de sens, car nous en avons été non seulement les instigateurs, mais nous en avons en outre forgé le sens profond, celui qui nous anime et répond à nos besoins.
L’impuissance n’est passagère que pour celui qui dĂ©cide d’en comprendre les tenants et d’agir consĂ©quemment, cela peut s’accomplir seul, parfois l’aide d’un spĂ©cialiste est nĂ©cessaire.
[1] Lao Tsu :  la Voie et de la Vertu

